Je m'apprêtais à écrire un billet pour signaler
les dernières photographies publiées sur différents blogs, mais je commence à en avoir marre de faire de
l'autopromotion pour mes images, bien que cela me donne l'occasion de rédiger pour Horizon. Car sans publications à signaler, ici, je n'ai rien de particulier à écrire. Je me demande ce qui se passe dans la tête d'un graphomane pour qu'un individu atteint d'une telle pathologie puisse passer son temps à remplir des pages et des pages. Il faudra que je me penche sur cette question, que je cherche pourquoi, comment
un type tel que Marcel pouvait rester des heures au lit à ne faire rien d'autre que de noircir, un stylo à la main, les pages d'un cahier de brouillon. C'est sûr, sous le toit de sa baraque, ce malade comptait sur Céleste. Elle s'occupait de tout le reste. Alors que
Schnoo refuse de jouer le rôle de bonne à tout faire. Sans parler de
Pat et de
Saki qui sont persuadés que c'est moi qui suis à leur service. Ils pensent que c'est eux qui doivent passer la plupart du temps sur le lit, même s'ils ne souffrent pas de graphomanie. C'est probablement pour cette raison que je ne sombrerai jamais dans une telle folie. Mes animaux me préservent de ce type de délire. Écrire, même un petit billet comme celui-là, restera pour moi l'aboutissement d'un terrible effort de volonté, un acte fondé sur la violence faite à mon magnifique cerveau, histoire de le contraindre à faire quelque chose de mes dix doigts et d'acquérir ainsi l'humilité d'un travailleur manuel. Écrire pour affaiblir l'orgueil cérébral.