mardi 13 décembre 2011

Civilisation

Pris, dans l'après-midi, d'une bouffée imprévisible de graphomanie aiguë, j'ai rédigé un billet pour SCH 2009. Ce blog en avait bien besoin, le dernier post datait du 2 juillet de cette année. Voilà, je suis calmé. Je n'ai plus à redouter ce type de crise dans un proche avenir. Enfin, je l'espère, parce qu'aligner, sans discontinuité, quelque chose comme 3540 signes, titre non-compris, est une aventure qui ne peut se répéter trop souvent. J'aurai alors l'impression de souffrir du mal si commun qui ronge inexorablement les bloggers, ceux qui se prennent pour des écrivains, ravageant le Web à coups de publications compulsivement répétées, histoire de se maintenir dans l'illusion d'être bientôt appelés à faire un beau discours lors du banquet annuel que donne l’Académie suédoise. Heureusement, tous n'ont pas cette ambition, et ne rêvent que d'un modeste prix Goncourt, sans penser vraiment que les pages de leurs blogs seront un jour réunies par les Éditions de la Pléiade. Malheureusement, la bloggosphere francophone est bien trop exiguë pour qu'il soit possible de ne pas manquer de perdre son équilibre mental, à un moment ou un autre, en glissant sur les feuilles électroniques de l'un de ces obsédés du verbe. Pire, la création assez récente de maisons d'éditions de livres numériques a exacerbé les délires des graphomanes en leur promettant de monnayer les sommes de stupidités qu'ils sont capables d'aligner sur des centaines de pages. Les plus timides d'entre eux n'y résistent plus et redoublent d'efforts, courbés en deux, dangereusement penchés sur les claviers, pour se faire remarquer. Quand je pense que cette civilisation est si fière de ses progrès technologiques qui ont fait naître le TGV et le Minitel, ivre de bonheur quand miroitent sous ses yeux les signes de sa sublime Culture, prête à reléguer au rang de sauvage un homme pour qui le nom de Frédéric Beigbeder ou Amélie Nothomb ou encore Amélie Poulain ne dirait absolument rien. Bon, j'arrête ici, parce que Pat, qui suis d'un oeil ce que je suis en train d'écrire, à la simple évocation du terme "civilisation", est à deux griffes de gerber ses croquettes...