dimanche 11 décembre 2011

Pat la Montagne

Les jours passent et se ressemblent. Il n'y a rien qui ressemble plus à un dimanche qu'un autre dimanche. Ce soir, c'est Pat qui a pris le relais de Saki : il pousse de petits cris de guerre en parcourant l'appartement. Ce qui est assez inhabituel, puisque Pat est plutôt du genre pacifique. Pacifique n'est peut-être pas le bon mot, car Schnoo et Saki ne le perçoivent pas sous les traits d'un sâdhu ayant fait allégeance à Shiva ou Vishnou. Pat a une personnalité assez autoritaire, heureusement, il n'a rien d'un incurable hippie, mais des traits de caractère qui le rapprocheraient un peu de la figure du Père de la Horde sauvage. Mais pas tout à fait quand même, car, ayant lu récemment Totem et Tabou, Pat craint maintenant de finir sous forme de tajine cuisiné par Saki et Schnoo. Il n'empêche qu'il aime qu'on le traite avec déférence, une notion que Saki n'a pas encore parfaitement assimilée. Ce qui fait que Pat maîtrise, du mieux qu'il le peut, ses émotions et ne se laisse aller que très rarement à des manifestations qui remettraient en cause l'image du Sage de la Montagne qu'il s'est patiemment forgé, peu de temps après l'arrivée de Saki, une image qu'il tient à conserver. D'où mon étonnement en remarquant que, ce soir, Pat se comportait un peu comme Saki, lorsque ce dernier annonce son départ en campagne, prêt à raser l'appartement, histoire de passer un bon moment tout en laissant libre cours à son vent de folie passagère. Mais Pat s'est rapidement repris. Le temps de rédiger ce billet, il avait retrouvé ses airs de majesté. Pat est la Montagne qui ne bouge jamais.