lundi 12 décembre 2011

Saki le Chasseur

J'avais bien entendu la porte-fenêtre de la chambre claquer. Je pensai alors que Saki n'avait fait que se ruer contre les vitres, ainsi qu'il le fait habituellement en voyant les pigeons se poser sur le balcon. Comme, j'étais en train d'écrire pour SCH 2009, je n'ai pas pris la peine d'aller calmer mon jeune animal, ni d'aller examiner l'état des rideaux, puisqu'ils n'ont maintenant de rideaux que le nom, et sont plus proches de ce qu'il faudrait définir comme des lambeaux de tissu plutôt que de rideaux véritables. Absorbé par mon texte, je n'y faisais plus attention, pensant que Saki finirait par se calmer de lui-même. Ainsi, je me replongeai dans la rédaction du billet, le regard fixé sur l'écran du PC. Jusqu'à ce que je lève distraitement les yeux au-dessus de l'écran pour soudainement entrevoir, face à la fenêtre du salon, en ombre chinoise, une sorte de gros écureuil courir frénétiquement sur la rambarde du balcon. Réalisant immédiatement qu'il s'agissait de Saki, et non pas d'un gros rongeur égaré au quatrième étage du bâtiment, je suis très rapidement sorti par la porte-fenêtre de la cuisine pour le récupérer. Mais comme un pigeon se tenait encore devant la fenêtre de la chambre, Saki a sauté de la rambarde, où il se tenait encore en équilibre, sur le sol du balcon, afin de reprendre son élan pour se propulser d'un nouveau bond vers l'oiseau. C'est ce bond que j'ai intercepté en capturant, à la volée, l'intrépide chasseur que j'ai aussitôt ramené à l'intérieur de l'appartement. Les fenêtres bien refermées, j'ai relâché le fauve qui n'était vraiment pas content d'être de retour en cage. C'est Pat, lui qui avait suivi d'assez loin toute l'affaire, observant les péripéties de Saki d'un air légèrement réprobateur — Pat ne saute jamais sur les pigeons —, qui a fait les frais de cette mauvaise humeur et de l’excitation du vaillant chasseur. Saki, très fier de son exploit, voulait surtout que Pat l'applaudisse et le félicite chaleureusement en le serrant dans ses bras. Mais Pat à horreur de ce genres d'effusions. Alors, il a calmé, grâce à quelques coups de pattes bien appuyés sur le crâne de Saki, l'enthousiasme débordant de ce celui-ci. Tout est maintenant rentré dans l'ordre. Pat et Saki, remis de leurs émotions, se sont plongés dans la sieste rituelle des après-midis tranquilles. Quant à Schnoo, qui dormait déjà profondément lors de l'évasion de Saki sur le balcon, légèrement dérangée par toute cette agitation, n'a fait que changer de côté pour se rendormir contre l'accoudoir du canapé. Je vais remettre à bien plus tard la publication d'un billet sur SCH 2009 pour piquer, moi aussi, un petit somme, et cela par simple solidarité avec mes animaux.